La leçon en trois temps

La leçon en trois temps, méthode simple et efficace, applicable à de nombreux enseignements, a été empruntée par Maria Montessori à Edouard Séguin.

Par Jeanne

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De quoi s’agit-il ?

La leçon en trois temps permet d’enseigner des concepts abstraits. Il s’agit d’aider l’enfant à associer une observation, une expérimentation par les sens, à des termes nouveaux de vocabulaire. C’est en fait un exercice de nomenclature. Dans les faits, elle permet aussi d’évaluer les progrès et les acquis des enfants.

Maria Montessori a adopté cette méthode dans ses écoles après en avoir observé les résultats probants obtenus par Edouard Séguin avec les enfants déficients.

Comme son nom l’indique, cette technique destinée aux enseignants se déroule en trois phases que Maria Montessori nomme : 

  • “Exactitude du nom et association de la perception sensorielle avec le nom
  •  Distinction de l’objet correspondant au nom
  •  Souvenir du nom correspondant à l’objet »

Les préalables à la leçon en trois temps

Dans une ambiance Montessori, on introduit les activités de façon individualisée en en faisant une démonstration à l’enfant. Il reproduira ensuite à sa guise ces manipulations.

Ca n’est seulement après que l’enfant se soit approprié le matériel et qu’il en démontre la maîtrise que cette leçon en trois temps pourra intervenir. A noter que, si cela est valable pour les activités sensorielles, cela peut l’être moins pour certaines activités de mathématiques ou de géographie par exemple, pour lesquelles l’intérêt d’enseigner le vocabulaire correspondant se fait sentir plus rapidement.

Le premier temps de la leçon

Après une certaine manipulation, souvent répétée, les observations sensorielles de l’enfant peuvent être fixées par l’enseignement de termes de vocabulaire. L’intervention de l’éducateur se devra d’être extrêmement claire et succincte. Les mots devront être soigneusement choisis, limités au minimum. Ils devront être répétés plusieurs fois, clairement, avec plusieurs intonations, de façon à ce que l’enfant les fixe dans son esprit. Cette leçon orale devra être reçue par l’enfant associée à la sensation que lui procure la réalité décrite : en touchant, soupesant, regardant, sentant …

On destinera par exemple la première étape de la leçon en trois temps à l’enfant auquel on a présenté (silencieusement, sans mot) la tour rose, et qui l’a plusieurs fois construite avec succès. Choisissant le moment opportun, on proposera la leçon à l’enfant. On se saisira du cube le plus gros et on annoncera en le plaçant dans sa main : “c’est le gros cube.” De même avec le plus petit : “c’est le petit cube”. De façon très similaire se fera  l’enseignement du concept d’unité, de dizaine, de centaine et de millier (plateau d’introduction au système décimal). La présentation des fuseaux, en mathématiques encore, fera intervenir cette première phase de la leçon en trois temps dès la première présentation. En langage c’est également souvent inhérent à la première présentation du matériel en question.

Une éducatrice Montessori présente le premier temps de la leçon du plateau d’introduction au système décimal.

Pour l’aire sensorielle, cette première étape se déclinera pour tous les concepts imaginables représentés par le matériel. Une fois les idées de gros et petit intégrées, viendra ensuite la comparaison : “plus gros que, plus petit que”, “le plus petit, le plus gros”. Puis, avec d’autres matériels, les concepts de longueur, de largeur, de matière, de rugosité, de chaleur, de poids, etc. Toutes ces leçons respecteront chacune les trois temps, en allant vers le plus complexe, le plus abstrait.

Le deuxième temps de la leçon

Souvent le même jour que le premier temps, parfois un autre jour, suivant l’intérêt de l’enfant, on peut passer au deuxième temps. Lors de cette étape, l’enfant sera actif. L’éducateur questionnera l’enfant sur les concepts qu’il lui a enseignés lors de la première étape : « s’il-te-plait, peux-tu prendre le gros cube ?

L’idée est, là encore, de répéter les termes à de nombreuses reprises, toujours en articulant bien. On pourra donc varier la requête pour rendre le moment plaisant : “peux-tu replacer le gros cube sur le tapis ?”, “peux-tu s’il-te-plait me donner le petit cube ?”. Si on perçoit chez l’enfant le besoin de mouvement, on proposera : “s’il-te-plait, va placer le gros cube sur l’étagère. » L’engagement et les expressions de l’éducateur aideront l’enfant à passer un bon moment, comme si cela était un jeu.

Si l’enfant fait une erreur, l’éducateur ne le corrigera pas. Il s’interrompra dans sa leçon pour la reprendre un autre jour, en reprenant peut-être la phase une, suivant ses observations. L’idée est toujours de s’assurer le plus possible du succès de l’enfant. D’observer ses progrès et de ne surtout pas le mettre en échec et le confronter à ses erreurs volontairement. Cela n’aurait qu’un effet décourageant pour l’enfant.

Le deuxième temps de la leçon, le plus important selon Maria Montessori, sera répété à plusieurs reprises.

Le troisième temps de la leçon

Un jour postérieur à celui du deuxième temps de la leçon, l’éducateur invitera l’enfant à ressortir le matériel. Il le questionnera, non plus pour que l’enfant lui désigne ce qui correspond à un nom ou un adjectif enseigné par l’adulte, mais pour que l’enfant lui-même prononce les termes. Ainsi, en géographie, par exemple, on demandera à l’enfant : “te souviens-tu de ce pays, quel est son nom ?”, “et celui-ci ?”, etc. 


Bibliographie :

Pédagogie scientifique, Tome 1, Maria Montessori.

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